Intoxiquée
septembre 30, 2010 at 10:04 Laisser un commentaire
La première fois… La première fois, le cœur me bat lourdement dans la poitrine à rythmes irréguliers et me fait frôler l’état d’anxiété aigüe une fois l’instant du point de rupture, tant redouté, arrivé. Deux voies s’offrent alors à moi, il est encore temps de reculer : refuser, dire non. Mais j’ai aussi la possibilité de dire oui. Cette voie m’appelle, j’arrive à percevoir ses cris et fut un moment où je ne perçus plus qu’eux. J’accepte. Cependant, je n’en serai pas dépendante, je ne connaitrais pas le manque et n’y prendrait peut-être aucun plaisir, car je ne me satisfais uniquement de ce qui m’est inaccessible. Enfin, c’est ce que je croyais.
A peine la décision prise, la douceur s’immerge en moi et je me retrouve mentalement dans un champ de violettes. L’herbe y est verte, le ciel y est d’un bleu azur incomparable, le vent qui balaie mes cheveux sur ma nuque y est chaud, le soleil brille sur ma peau. Je touche à une perfection émotionnelle jamais atteinte et c’est ainsi que je vis tous les problèmes de haut : aucun ne pu surpasser cette condition de bonheur surnaturel, si ce n’est la mort.
La redouter, elle, qui me fixe sans relâche de son piédestal, fit surgir de multiples angoisses. L’effet d’euphorie disparu aussitôt. Que faire si ce n’est réclamer de nouveau ce paradis qui devint tout pour moi sauf artificiel ? Les doses augmentent mais affamée, je ne prononce que le mot « plus » et d’un ton qui gagne au fur et à mesure en agressivité… Jusqu’à l’ultime décision qui fut prise sans que l’on ne m’ait consultée au préalable : les doses diminuent et je prends conscience dès lors des douleurs insoupçonnées qui se font ressentir à longueur de journées. Les heures s’allongent, suivent les minutes. Le jour n’a plus de sens sans au moins un 1/100ème de cet artifice que je hais et qui suffirait pourtant à faire taire mon passé ne serait-ce que le temps d’un souffle. Comme une erreur peut-être gravement coûteuse… J’aurais dû me détourner de l’amour à temps et si l’oubli était une option je m’y avancerais sans hésitation pour vivre un Eternal sunshine of my spotless mind.
“We are not ashamed to say that Love is pain… and we’ll do it again !” Joan Jett & the Blackhearts
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